[Critique] Michael Kiwanuka – Kiwanuka

Note : 5 sur 5.

Sortie le 01 Novembre 2019 :

A 32 ans, le si talentueux Londonien délivre son 3e album studio, sobrement intitulé Kiwanuka, en hommage à ses racines Ougandaises. D’une soul rétro et terriblement sensuelle, Michael Kiwanuka vient, 3 ans après le très bon Love & Hate, bouleverser vos certitudes en matière de goûts musicaux.

Il est évident, à l’écoute de Kiwanuka, que le trentenaire n’a rien a envié aux légendes de la soul. Le virtuose, à la voix magnifiquement éraillée, semble avoir franchit un océan, depuis Home Again, l’album de ses débuts en 2012. S’il n’a pas renié son art, et qu’il poursuivit la route fascinante d’une soul folk, si thérapeutique pour nos oreilles éreintées, il l’a poli et choyé pour en faire jaillir un mémorable diamant. Au travers de thèmes de société comme la politique et la violence, il évoque des bribes de son histoire, l’histoire d’un Black Man in A White World.

Un fils d’Ougandais qui a de quoi apaiser le repos des légendes telles qu’Otis Redding ou Marvin Gaye. Car, d’une si belle manière, Michael Kiwanuka ravive la flamme d’une musique qui a bercé les cœurs du monde entier, au gré des avancées sociales, notamment aux Etats-Unis, où elle est associée aux mouvements de lutte pour les droits civiques. Kiwanuka est un témoignage, ancré au cœur d’un album qui doit marquer son temps.

Génie ou simple Extra-terrestre ?

D’une tendresse et d’une humilité si touchante, Michael Kiwanuka ne semblera jamais bousculé par ses successives réussites. Il est l’artiste dans ce qu’il a de plus pur, noyé dans une époque où de trop nombreux revendiquent de pratiquer le même art. Il saupoudre ces 13 titres de tout ce que le XXe siècle a offert de plus saisissant. Gorgé d’intensité et d’une justesse terriblement puissante, il offre notamment Hero, qui assène le pullulant racisme, d’un coup de grâce majestueux, empreint de l’identité de Michael Kiwanuka.

I won’t change my name

No matter what they call me

De l’énergie, de la mélancolie et même du gospel parcourent ce chef d’oeuvre. Sa richesse est inépuisable, et je défie quiconque de ne pas répéter l’album aussitôt celui-ci terminé. Ne serait-ce que pour la splendeur de Final Days, ou l’émotion au sortir d’une conclusion aussi hypnotique que Light, dont la beauté résonne encore, des heures plus tard, dans les méandres de mon cortex. Si l’histoire était moins cruelle, Kiwanuka y serait déjà gravé ; lui se contentera probablement d’être l’un des génies les plus sous-côtés de notre siècle. Si vous ne connaissiez pas Michael Kiwanuka, il sera désormais votre artiste favori.

Michael Kiwanuka se produit le 23 Novembre 2019 dans la Salle Pleyel à Paris

Hugo Cellarier

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