[Critique] Pixies – Beneath the Eyrie

Note : 2.5 sur 5.

Sortie le 13 Septembre 2019 :

Ovni ésotérique de l’Indie rock, les américains de Pixies sont de retour dans la partie, mettant fin à des années d’incertitude. Orfèvre des Where Is My Mind, Monkey Gone To Heaven et de bien d’autres bijoux, Pixies provoque, avec Beneath the Eyrie, d’immenses attentes. Est Doolittle qui veut ?

La première observation nécessaire serait d’admettre que Blake Francis et sa bande n’ont pas pris la moindre ride, en 30 ans ! La gratte de Santiago est toujours autant affûtée, et ses riffs insaisissables sont bel et bien présents. Cependant, un vent frais souffle tout de même à l’écoute de Beneath the Eyrie, et il est dû à la montée en puissance de l’excellente bassiste et voix Argentine, Paz Lenchantin. Celle-ci a également participé à l’écriture de certaines compositions, et notamment de Los Surfers Muertos, en hommage à une amie disparue, emportée par une mer impitoyable.

Les farfadets semblent être retombés dans les bras de leur premier amour, un rock léché mais inclassable au rythme indescriptible. Si le lustre n’est pas celui des grandes années Pixies, Beneath the Eyrie parvient tout de même à séduire. Empreintes d’un univers gothique épousant à merveille le jeu du quatuor, les titres racontent des histoires qu’auraient pu accoucher les plumes des Shelley, Walpole et autre Allan Poe. C’est d’ailleurs dans une vieille église de Woodstock, sous un froid tétanisant, qu’ont été enregistrés les morceaux. De quoi alimenter avec brio cette troublante atmosphère.

Du bon, du charme

Parmi les titres qui se démarquent, il y a le surprenant St Nazaire, inspiré par l’immense port industriel de Loire Atlantique. La succession This Is My Fate, Ready for Love et Silver Bullet illustre quant à elle le rock de Pixies en ce qu’il a de plus caractéristique.

Down at the rocks at St. Nazaire
I took a bottle and a fucking prayer
I washed out with the greasy tide
I went down on the Selkie bride

Incontestablement, Beneath the Eyrie surpasse les derniers albums de Pixies. Plus audacieux, maîtrisé et prenant qu Indie Cindy et Head Carrier, il est surtout plus…Pixies, et c’est tout ce que l’on demande. De toutes leurs récentes créations, c’est ce qui se rapproche le plus de leur ère de gloire. N’est pas Doolittle qui veut, mais ce Septième album studio n’est pas pour autant dénué de charme et d’atouts. C’est donc un bon album, ni historique, ni désuet.

Hugo Cellarier

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