[Critique] Brittany Howard – Jaime

Note : 5 sur 5.

Sortie le 20 Septembre 2019 :

Ces quatre années passées au sommet des charts, à écumer les routes et glaner les Grammy Awards, ont fait d’Alabama Shakes la quintessence de l’Americana. Brittany Howard, chanteuse et guitariste du groupe, en est le plus inestimable trésor. La surdouée Alabamienne, au retour de nombreux mois d’exploration intérieure, se livre dans Jaime, un premier projet solo empreint d’intimité, de tendresse et de talent.

Habitée par son projet, auquel elle a donné le nom de sa défunte sœur, « Jaime », elle puise l’inspiration dans les confins de son odyssée, entre mélancolie et courage. De son enfance déchirée dans l’Alabama rural dans History Repeats à l’implacable racisme qu’ont subi ses parents dans Goat Head en passant par son immuable relation avec Dieu dans He Loves Me, Brittany explore :


I know he still loves me when
I’m smoking blunts
Loves me when I’m drinking too much
He loves me then, yeah

En véritable guide, Brittany Howard nous convie dans un décor nouveau au cœur de chacune de ses compositions. Envoûté par l’infini charisme, l’oreille suit, sans rechigner, les expérimentations de la virtuose soul.

Sublime de mélodie et de sincérité, la chanteuse Américaine joue la carte du projet solo quasi-autobiographique. Un pari qui n’est pas inédit, mais Jaime a la particularité de flirter avec un degré de beauté rarement atteint, à ma connaissance. Saupoudrant son soul expert de sonorités hip-hop, rock et funk, elle démontre, une fois de plus, son amour de la musique dans ce qu’elle a de plus éclectique et complémentaire.

Déesse vocale

Ce que Brittany Howard possède de plus fabuleux, c’est bien la majesté de sa voix, qui est vraisemblablement l’une des plus stupéfiante de notre temps. Poussée sans cesse aux frontières de ce que l’on pense possible, entre brutalité et extrême douceur, elle est un instrument plus rare et précieux que tout un orchestre. Forgées, comme l’album, de l’amour et de la haine qui a constitué son existence, les capacités vocales de Brittany Howard justifieraient à elles seules l’écoute de Jaime. Mention spéciale pour Short and Sweet, qui porte son nom à merveille.

Résultat d’une puissante introspection, Jaime est la rencontre entre Brittany et elle même, une conversation, à l’issue de laquelle nous découvrons une femme qui, fruit d’une haine perpétuelle, n’a su qu’aimer. Projet thérapeutique, Jaime est la clé de l’épanouissement et de l’apogée musicale d’une grande Dame, à l’orée de ses 31 ans. Le mot simple faisant mouche et l’harmonie certaine, Brittany Howard se mue, pendant 35 minutes, en une lumineuse enchanteresse.

Hugo Cellarier

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