[Critique] The Black Keys – “Let’s Rock”

Note : 2.5 sur 5.

Sortie le 28 Juin 2019 :

« Let’s Rock », voilà un nom d’album plus alléchant que jamais pour les deux kids from Akron, Ohio, tant leurs derniers projets en manquaient cruellement, de Rock. 5 ans après Turn Blue, The Black Keys sortent un 9e album studio, illustré d’une chaise électrique entourée d’un rose des plus punks. Tous les ingrédients sont réunis pour nous conduire vers un optimisme massif. Les attentes sont grandes. Enfin un retour aux sources pour le duo d’Ohioain ?

Parfois Blues, parfois Garage, le Rock de Dan Auerbach et Patrick Carney est éclectique et imprévisible. Cependant, la surutilisation d’artifices sur les derniers projets avait quelque peu dénaturé l’intention initiale des talentueux potes d’enfance. Après quelques années de réflexion et de respiration, ponctuées de projets solos et d’événements majeurs de la vie intime, les Black Keys proposent dans « Let’s Rock » des sonorités plus métalliques et plus naturelles.

La voix, les cordes et les percussions sont travaillées mais brutes, elles monopolisent l’oreille, et c’est si bon. Cette liberté des instruments originels du groupe, qui semblait avoir été mise de côté, apporte beaucoup à leur musique. Plus d’âme, plus de vérité que sur le dernier album. Nécessaire, « Let’s Rock » vient ressusciter l’un des meilleurs groupes du XXIe siècle, et simultanément, le sortir des abîmes de l’Histoire. Car oui ; malgré quelques morceaux inoubliables comme Lonely Boy ou Tighten Up, les places sont chères dans le Hall of Fame.

Le droit Camino, la clé

Et ce n’est vraisemblablement pas « Let’s Rock » qui le permettra. Pour autant, ce gain en âme, en naturel, et en plaisir d’écoute est certain. Go est d’ailleurs la plus emblématique réussite de l’album :

There comes a time

Two hearts of gold

Live together

Run forever

On the open road

Cependant, en dépit de plusieurs écoutes attentives, aucun titre n’est véritablement marquant, ni ne semble calibré pour s’imposer dans une discographie déjà bien fleurie. Entraînant, Road-trippant, il est peut-être l’exemple parfait d’un album de transition, et la preuve que l’évolution réside souvent dans l’introspection.

Le sentiment proéminent à l’issu d’une dizaine de boucles, c’est que ces deux gars là doivent poursuivre sur cette voie et redevenir ce qu’ils étaient il y a 10 ans. L’essence et le talent sont là, les émotions un peu moins. N’est pas El Camino qui veut, mais la foi en Dan et Pat est plus puissante que jamais. 18 ans plus tard, on aime aimer The Black Keys.

Hugo Cellarier

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