[Critique] Pete Doherty & The Puta Madres – Pete Doherty & The Puta Madres

Note : 4 sur 5.

Sortie le 26 Avril 2019 :

« Droit sur mes guibolles », comme nous avions retrouvé Renaud en 2016, Doherty l’a rarement été, en studio comme sur scène. Cependant, à désormais quarante ans, l’enfant prodige et tumultueux du rock Anglais entretient le mérite de n’avoir jamais cessé de créer, malgré les tourments d’une vie rythmée par de mortifères addictions. Il s’éclate désormais avec les Puta Madres ; accouchant de l’album éponyme : Pete Doherty & The Puta Madres.

Enregistré en live dans une maison familiale sur le littoral français de la Manche, il comporte de 11 morceaux, cohérents et entraînants pour la plupart. Tendres ballades et sons énergiques s’entremêlent, baignés dans la perpétuelle créativité de celui qu’on ne présente plus. Touchante et bien accompagnée, sa voix véhicule les émotions de l’homme, tout en berçant les oreilles qui s’en approchent d’un peu trop près.

Quelques coups de mou font cependant défaut à Pete Doherty & The Puta Madres, comme une monotonie dans la transition, qui nous fait parfois nous détacher de ce que l’on écoute, mais également une ressemblance parfois décevante entre les sonorités.

Langueur « Dohertienne »

Apaisé, Pete Doherty est devenu ce penseur indolent, écrivant et composant dans une harmonie parfaite avec son ami et guitariste Jack Jones. Les quelques défauts ne gâchent pas l’œuvre pour autant. La concentration perdue au cœur de l’album se redresse soudain lorsqu’il entonne « Je suis désolé » dans un beau français, planant et empreint de mélancolie, au cœur du très bon Shoreleave. Et tu es tout pardonné Pete.

Cette mélancolie, elle est caractéristique de la voix du chanteur tout au long de l’album. Ce chant, redoutable vecteur d’émotions, que l’on a tant aimé du temps des Libertines, est resté identique, inaltérable. Le titre All At Sea, illustre aussitôt ce pouvoir, en ouverture de l’album.

Well, I’m all at sea
I don’t know if I’m coming or going
There’s no hope, there’s no fear, no rent arrears
Leave it all to me

Pete Doherty & The Puta Madres s’écoute en silence, plus qu’il ne transcende une foule. Mais il s’écoute, et c’est là l’essentiel. Instrumentalement et vocalement envoûtant, est-il Folk ? Rock ? Indie ? Impossible de le catégoriser, ni de comprendre l’orientation musicale que Pete Doherty envisage. Mais toujours est-il que l’album est soigné et agréable.

Pete Doherty & The Puta Madres seront le 15 Mai au Bataclan et le 8 Juin à Saint Pierre de la Réunion, dans le cadre du Sakifo Musik Festival !

Hugo Cellarier

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