[Critique] Cage The Elephant – Social Cues

Note : 4 sur 5.

Sortie le 19 Avril 2019 :

Les six américains du Kentucky sortent un 5e album studio en ce début de printemps : Social Cues. Près de deux années se sont écoulées depuis le Grammy Award du meilleur album rock, remporté par l’excellent Tell Me I’m Pretty, enregistré début 2015. Comment succéder alors à la consécration ?

Les frères Shultz et leur bande nous emmènent, une fois de plus, dans les ensorcelantes contrées de l’indie rock, lêché et fleurit. Or, dans Social Cues, ces fleurs-là ne sont pas de jolies roses, mais bien de sombres amas de pétales déchus arrosés par les échecs et les déceptions amoureuses du charismatique leader Brad Shultz, profondément marqué par son divorce en 2018.

Méconnu en France, malgré la première partie des mythiques Rolling Stones en 2017, inaugurant au passage la U Arena de Nanterre, Cage the Elephant a pourtant pris le commandement d’un courant rafraîchissant et ambitieux. Dans Social Cues, on emprunte à de nombreux genres et d’inspirations. Il y a des fragments des Black Keys dans Broken Boy, un soupçon des Red Hot Chili Peppers dans Skin and Bones et du surprenant Reggae dans Night Running ; mais également du Bowie, comme du MGMT.

Mots de délivrance

Ces expériences intimes que l’on retrouve dans les écrits sont projetées par une troupe de talentueux musiciens habités. Ils expriment la solitude, les regrets, et un amour nécessaire, point d’orgue de l’album. Cette écriture, devenue exutoire, heurte l’intérieur de la poitrine durant 13 titres, qui, alliés, constituent une œuvre belle et aboutie. Dans une quête de rédemption, d’exploration d’une tour d’Ivoire, obscure et isolée, Social Cues parvient finalement à irradier par sa mélodieuse mélancolie. Les textes de Love’s The Only Way, et What I’m Becoming en sont les plus évocateurs :

I’m so sorry, honey, for what I’m becoming
Everything you wanted seems so far from me
Never meant to hurt you, no, never meant to make you cry
I’m so sorry, honey, for what I’m becoming

Social Cues saura s’attirer les louanges des initiés au genre, ou déplaira par l’omniprésente intimité qu’il dévoile ; mais il peut-être universellement admis que l’album est techniquement et artistiquement réussi. Le talentueux gang, aujourd’hui installé à Nashville, se porte bien. Et c’est également tout ce qu’on souhaite à son meurtri leader, qui détient le talent requis pour éclairer toute la prometteuse génération d’indie-rockeurs.

En concert le 20 Juin 2019 au Bataclan !

Hugo Cellarier

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